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 Ô monde, quand tu nous tiens.

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Iliya
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MessageSujet: Ô monde, quand tu nous tiens.   Ô monde, quand tu nous tiens. Icon_minitimeJeu 28 Juil - 15:58

Ô monde.

Si laid. Si souillé.
Elle l'adorait. Elle avait grandit dans un monde parfait dans sa laideur, un monde parfait dans son chaos.

Elle n'avait plus peur. Mourir? À quoi bon. Son destin était, visiblement, de souffrir pour une éternité. Voir les gens autours d'elle mourir, mais pas elle. Elle devait se contenter de souffrir, elle. Elle dormait toujours ici. Dans cette ruelle. Tout aussi sale et laide que le reste du monde.

Un monde si cruel. Un monde si laid, un monde tellement damné.

L'était-elle?

Damnée? Faites-là rire.

Elle se nourrissait de la haine des autres, mais surtout de la sienne. Oui, Elle. En échange, Iliya, elle, se nourrissait des émotions du monde. La peur, la colère... La tristesse. La détresse et le désespoir. Le goût amer de ces sentiments lu était devenu un délice particulièrement douloureux. Ce qu'elle aimait le plus en ce monde? Cette paix, vague et indéfinie qui nous envahissait après une longue et pénible période de souffrance. Quand la terre était en crise, elle sombrait parfois dans le noir. Elle sombrait et émergeait en un autre temps...

Loin de ceux qu'elle avait pue aimer. Michael, un souvenir vague mais tellement persistant qu'il lui donnait mal au crâne, comme s'il voulait prendre en expansion dans sa tête. Evra, un souvenir désagréable, mais qui parvenait à la faire sourire. Comble de l'étrange, sans doute. Une ombre... Un étranger qu'elle avait vue... Sans jamais connaitre... Pourtant, sur le seuil de la mort, Iliya avait eue l'occasion de connaitre la personnalité de biens de gens. La vraie nature était dévoilée aux derniers instants et Iliya se faisait un honneur d'y assister. Oui, elle était un monstre. Même si elle n'était pas le précurseur de la mort, elle s'obligeait à trouver les agonisant et les regarder mourir, les entendre mourir. Se pencher au dessus de leur corps et attendre leur dernières paroles, leurs derniers actes. Leur dernière volonté.

Le dernier soupir, précédant la dernière volonté du mourant. Elle adorait ces deux choses. Une adoration morbide qui, elle était sûre, ne lui serait point accordé lorsqu'elle aurait à, elle aussi, sombrer dans l'oubli... Sans doute allait-elle mourir seule. Ou bien entourée, engloutie dans la torture et les insultes? Ce serait parfait. Un bûcher, pour expier les pêchers. Comme le monde tendait à le croire. Une mort lente... Mourir de froid, la pire des morts. Mourir de faim, soif et dans le froid? Oh oui...

Elle eût un frisson et ouvrit les yeux. Posant son regard impitoyablement inexpressif sur ce qui l'entourait. Elle se demandait, qui serait la prochaine personne à disparaître? Car en ce monde, non, on ne mourait pas. On disparaissait, on changeait de place, on déménageait en enfer. Mais jamais, au grand jamais, on ne mourait... Michael avait disparu. Certes, aux dires d'Evra il était mort, mais Iliya n'avait vue aucun cadavre. Elle n'avait pas l'envie d'aller dans le cimetière et d'y trouver ses réponses. Non, elle n'y trouverait pas Michael. Avec malchance, elle savait qu'elle y trouverait Evra. Il allait sourire mesquinement en la voyant et lui présenter un commentaire qui allait lui faire peur, et lui allait se nourrir de cette peur... Il était si doué pour cela.

Elle se releva et entraina son sabre dans son mouvement. Un katana, magnifique. Gagné grâce à la volonté d'un naïf. Ne voyant pas dans ces derniers instant, le monstre qui assistait à sa mort mais à un être venu le supporter dans sa chute.

Elle n'avait plus peur de ce monde. À toujours avoir peur, plus jeune, elle avait épuisée sa capacités à ressentir la peur. Evra serait bien capable de la lui redonner, mais il n'était pas là. Ikari avait toujours autant de haine en elle, assez pour lui voler la sienne. Iliya avait été surprise de ne pas fusionner ou même se faire engloutir par la mutation, mais elle se disait que ce devait aussi être un coup du destin.

La ruelle qu'elle avait élue comme son territoire n'avait qu'une seule entrée par le sol. C'était un cul de sac. Par les airs, elle était aussi très accessible, mais ce n'était pas une attaque d'homme volant qui allait lui faire peur. Non, elle pourrait même en rire. Enfin un être céleste daignait lui montrer de l'attention, la preuve que ce n'était pas céleste ou même divin. Depuis quand se dérangeraient-ils à venir lui rendre visite? Elle n'était qu'un monstre, moins qu'un rien. rien ne pouvait définir ce qu'elle était, le déchet des déchets. Elle ne pouvait se haïr à cause d'Ikari, mais elle pouvait ne pas s'aimer.

La ruelle était assez isolée du monde pour qu'Iliya puisse savoir quand un être osait approcher. Alors elle devait avoir inconsciemment sentie quelqu'un approcher. Elle eut l'ombre d'un sourire et attendit. Peut-être n'allait-il que passer... Après tout, pourquoi lui parler?

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Daiki

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MessageSujet: Re: Ô monde, quand tu nous tiens.   Ô monde, quand tu nous tiens. Icon_minitimeVen 12 Aoû - 12:24

Il frissonna, dans un mouvement qui n'était évidemment en rien dû au froid, compte tenu de sa nature. Il agrippa vigoureusement son capuchon et tenta de l'enfoncer encore davantage sur sa tête, même si ce n'était nullement nécessaire. Ce réflexe était simplement gravé en lui à chaque fois que ses pensées avaient le malheur de s'égarer dans cette direction, ce qui arrivait très souvent. Chaque fois qu’il était laissé seul avec ses ténèbres, sans aucun danger immédiat pour l’en distraire, en fait. Le fait qu’il ait utilisé le verbe « distraire » avec la pensée d’un péril grave aurait sans doute pu être drôle dans d’autres circonstances, mais dans le monde où il se trouvait présentement, il ne faisait que souligner un peu plus la profondeur des zones d’ombre de sa vie.

Enfin, davantage de LA zone d’ombre de sa vie. Un gigantesque océan noir et glauque sur lequel se détachait parfois, rarement, presque jamais en fait, de minuscules îlots de lumière, pâle et faible.

Mais bon, inutile de s’apitoyer sur son misérable sort, il était loin d’être le seul dans son cas. C’était ce monde même qui était sombre, affreux, corrompu. Rien d’étonnant donc à ce que les gens, si on peut toujours les appeler ainsi, qui soient contraints d’y vivre le soient aussi.

Le dédale de ruelles étroites qu'il parcourait depuis un bon moment déjà s'accordait parfaitement avec ses pensées du moment...

Où était-ce ses divagations qui avaient été stimulées par ce sinistre décor?

La question était tellement futile qu'il la chassa de son esprit rapidement, se demandant pourquoi il prenait même la peine de se soucier de détails aussi insignifiants. Sans doute pour tenter de meubler le vide que sa solitude, qui lui semblait durer depuis toujours tant ses souvenirs d'avant avaient perdus toute précision, toute substance, toute émotion.

Comme si non content de contaminer son corps, la chose qui l'abritait avait aussi effacé ce temps-là de sa mémoire.

Ou peut-être était-ce ce monde qui était à blâmer?

Las de ces pensées sans queue ni tête qui avaient l'air décidé à le rendre fou, il les verrouilla sévèrement dans un coin de sa tête pour se concentrer sur les choses plus concrètes, moins déprimantes. Se laisser écraser par tout ça ne lui apporterait rien de bon, ça au moins il en était sûr. Le précieux butin caché dans son sac était bien plus important.

Enfin, précieux... Dans de meilleures circonstances, les quelques plantes comestibles qu'il avait pu identifier en dépit de leur ressemblance flagrante avec de la mauvaise herbe suite à la lecture d'un livre de botanique qui s'avérait particulièrement utile maintenant et les quelques bouts de pain humide et passablement rassis auraient davantage eu l'air à leur place dans une poubelle. Dans le contexte actuel, tout ce qui se mangeait était précieux.

Maintenant, tout ce qu'il désirait c'était retourner dans son repaire du moment en toute tranquillité. Et il devait bien se rendre à l'évidence: il n'était plus sûr du tout d'aller dans la bonne direction. Pour être totalement franc, il était même à peu près certain d'être perdu dans le labyrinthe de ruelles. Ce n'avait rien de rassurant.

En temps normal, il aurait abandonné sans scrupule son ancien refuge pour s'en trouver un plus accessible, mais il ne pouvait s'y résoudre. La vieille bibliothèque désaffectée dans laquelle il s'abritait depuis quelque jour réveillait en lui l'écho de souvenirs heureux et un sentiment, sans aucun doute faux, mais plaisant de sécurité. Sans parler de la mine de connaissance qui dormait, ignorée de tous, dans le bâtiment délabré.

C'était idiot, mais il répugnait de le quitter au point d'errer dans les dangereuses ruelles dans l'espoir de retrouver ses repères. La chance avait été de son côté jusqu'à maintenant, mais il n'était pas encore assez fou pour espérer que ça dure plus longtemps. S'il ne trouvait pas bientôt, il serait bien obligé de tout laisser tomber.

Ce fut à ce moment qu'une vitrine défoncée de ce qui avait du un jour être un magasin lui sembla familière. Le coeur battant, il accéléra le pas, dépassa l'ancienne boutique en évitant les éclats de verre qui jonchaient le sol, tourna rapidement le coin de rue... Et se retrouva nez à nez avec un cul-de-sac. Maudissant copieusement son manque flagrant de sens de l'orientation, il regarda longuement le mur au fond de la ruelle, comme s'il espérait y trouver la solution à son problème actuel. Qui sembla lui rendre un regard ironique. Il secoua la tête, se demandant brièvement s'il ne commençait pas à perdre la raison lorsque ses yeux se posèrent sur elle.

Il sursauta, lui fit aussitôt face, mais n'adopta pas de posture de combat, ne tira même pas une seule de ses lames en fait. Sa meilleure défense était son pouvoir, qui ne demandait aucune préparation, mais surtout il ne voulait pas avoir l'air de la menacer. Ses cheveux blancs comme neige l'identifiaient sans aucun doute comme une mutante... Mais il en était un lui aussi et il n'attaquait pas tout ce qui bougeait pour autant.

C'était encore une fois très idiot, mais chaque fois qu'il croisait un ou une mutante qui ne lui sautait pas immédiatement à la gorge, il ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'il ou elle soit comme lui. Jusqu'à maintenant il avait toujours été déçu, au point que la raison lui commandait de lâcher prise sur cette incessante source d'espoir brisé et de déception. Il ne demandait pas mieux, car tout ça lui pesait sérieusement sur le coeur, mais rien à faire. Cet espoir naïf revenait le hanter à chaque fois, s'en était pathétique.

Quoique... Il essayait avait tout de rester aussi humain que possible, en dépit de ses sensations, de ces émotions qui ne lui appartenaient pas qui le parasitaient de temps à autres.

Et s'accrocher à des espérances folles, à des lambeaux de rêves improbable, quoi de plus humain?

Coupant court aux vagabondages de son esprit, il reporta sa pleine attention à l'adolescente en face de lui, car elle n'avait pas l'air d'être plus âgée que lui, peut-être même un peu moins. Il savait qu'il devrait dire quelque chose, n'importe quoi à la rigueur, mais la nervosité étouffante qui l'envahissait alors qu'il soutenait son regard de son mieux étranglait les quelques mots qu'il avait pu s'imaginer lui dire. Il soupira de frustration devant son incapacité pitoyable à sortir de sa bulle solitaire, qui était devenue plus solide qu'une muraille de pierre avec le temps. Il espéra profondément que cette fille ne soit pas TOTALEMENT comme lui finalement, du moins par sur cet aspect. Sinon, la discussion ne risquait pas d'aller très loin.
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MessageSujet: Re: Ô monde, quand tu nous tiens.   Ô monde, quand tu nous tiens. Icon_minitimeSam 13 Aoû - 20:34

[ Utopia - Within Temptation
Hand of Sorrow - Within Temptation ]

Elle appuya son dos au mur et se plaça dans une position plus décontractée. Un probable danger? Certes. Ikari savait se montrer forte, elle savait se montrer rapide. Elle ferma les yeux, à nouveau et tenta de lire les émotions de la personne. Visiblement, elle était plutôt calme. Sans doute en réflexion. Alors il était seul. Elle attendit, semblant à la longue adopter la même attitude du mur, immobile, silencieux et quelconque. Elle se faisait ainsi discrète pour éviter le plus possible qu'on ne la voit. S'il s'agissait d'un être impulsif à la recherche de chair, il serait vite déçu par ici.

Depuis ses six ans, son cas ne s'était pas améliorer. La peau sur les os. La mutation, qu'elle le veuille ou non, lui demandait énormément d'énergie alors que la nourriture se faisait, bien malgré elle, plutôt rare. Elle devait elle aussi faire attention. Même s'il y avait beaucoup plus de sang que d'herbes par ici, elle devait se méfier des pièges de certains être dont elle ignorait tout, mais aussi les mutants ayant des caractéristiques dans leur sang l'empêchant d'en boire.

La chair avariée était même, elle aussi, très courante. Au malheur de la jeune fille, aller à l'épicerie maintenant ne faisait que lui rappeler douloureusement la fois ou elle y était allée avec Michael et la fois où elle y était allée seule... Elle était tombée dans les pommes à ce moment aussi... Sans doute une crise quelconque car Michael lui manquait à ce moment au point de vouloir cesser de vivre...

Si Ikari n'aurait pas été là, elle serait effectivement morte depuis le temps...

Peu importe.

Elle finit par entendre des bruits de pas. Elle tourna lentement la tête vers la source du bruit et ré-ouvrit les yeux. Il ne faisait peut-être pas nuit, mais il ne faisait pas soleil, alors la ruelle était plutôt sombre. Quand un homme se présenta à l'ouverture de sa ruelle avec empressement et appréhension, Iliya cru comprendre qu'il espérait y voir quelque chose de précis. Elle devina également qu'il devait ne pas l'avoir trouvé dû à la déception. Mais rapidement, surprise.

* Zut, alors... *

Il l'avait vue. Elle croisa ses yeux. Elle lui présenta ce même regard neutre. Cruellement neutre. Atrocement indifférent. Étrangement vide, comme mort. C'était comme si tout ce qui pouvait animer son visage n'existait pas. Une attitude las. Ikari lui parla pour la première fois de la journée.

* Tu as un joli choix ici! Lui sauter dessus pour te nourrir, enfin! Ou encore lui parler. Mais alors, se moquer de lui, lui dire gentiment qu'il aurait la capacité de parler plus aisément s'il faisait ami-ami avec sa mutation ou bien juste lui le regarder et attendre voir combien de temps ça lui prendrait pour te dire, finalement, un mot? *

* Tu sais quoi, Ikari? *

* Mhh? *

* Tu me parle pour la première fois de la journée et pour la première fois, j'ai déjà le goût que tu te la fermes... *

* Hmmm... De mauvaise humeur de bonne heure... *

Elle n'ajouta rien. Ikari non plus, d'ailleurs. Iliya se redressa, enlevant son dos de sur le mur et s'approcha de l'homme. Elle resta à une distance respectable, mais l'observa d'un regard impitoyable. Elle pencha légèrement la tête et changea son regard pour qu'il devienne un peu plus insistant. Après tout, c'était lui qui c'était présenter ici...

Tu fais quoi là?

Elle devait toute fois admettre qu'avec ses cheveux mauves, il était difficile de douter qu'il n'était pas mutant, car Iliya doutait très fortement que des gens perdent leur temps à se colorer les cheveux en ces temps de chaos... Ce serait le summum de l'absurde, sans doute... Quoi qu'elle ne doutait pas qu'elle pourrait toujours être surprise par tout. Elle attendit sa réponse. Elle n'avait été élevée que par elle, Ikari et pendant certaines périodes de sa vie, très courtes, quelques personnes. Mais jamais une de ces personnes ne lui avait vraiment appris la notion de respect, car dans sa vie, jamais cela avait été de mise.

Avec sa mère, elle devait se contenter de souffrir, elle avait passée trop peu de moment avec son père. Sebastian ne faisait qu'être avec elle, il ne lui enseignait rien. Michael, lui, il avait autre chose à penser que d'apprendre des notions de respect à une petite qui avait peine à survivre... Et... Les autres... Elle ne voulait pas y penser. C'était assez douloureux de toujours se ressasser des souvenirs où elle retrouvait ces personnes... Même si les souvenirs de sa mère et son père étaient très flous...

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MessageSujet: Re: Ô monde, quand tu nous tiens.   Ô monde, quand tu nous tiens. Icon_minitimeMer 24 Aoû - 20:58

Il croisa son regard et fut frappé par le vide incroyable qui semblait y régner. Si froid... Non... Éteint serait plus juste. Comme si toutes les émotions qui avaient jamais pu éclairer ou assombrir ces yeux avaient disparu pour de bon, ne laissant derrière que cette absence totale de sentiments. D’une certaine façon, ils lui donnaient encore plus froid dans le dos que les hurlements de terreur abjecte et les ricanements déments qui étaient le pain quotidien de celui qui arpentaient ces rues ou pire, ces ruelles. Au moins, avec eux, on savait à quoi s’attendre. Ils voulaient soit sauver leur peau à tout prix, et tant pis pour les autres évidemment, ou te manger, ni plus ni moins. Ce n’était pas très gentil, mais ça avait au moins le mérite d’être clair et compréhensible au premier regard. Mais avec elle… Impossible de savoir si elle comptait lui parler ou lui sauter à la gorge, voire peut-être un mélange des deux. Peu importe le cas, il avait la forte impression que ces globes plus noirs qu’une nuit sans lune ne se départiraient pas de leur inexpressivité.

*À quel point faut-il donc avoir souffert pour ne plus rien ressentir comme ça ? À quel point faut-il avoir côtoyé la peur pour ne plus même être capable de l’exprimer ?*

Cette pensée s’accompagna aussitôt d’une forte vague de compassion pour la jeune fille, qu’il s’efforça de son mieux de refouler sans vraiment y arriver. Une fois de plus, il se maudit d’avoir le cœur si sensible, les émotions à fleur de peau, dans un temps où elles n’étaient bien souvent que source de douleur, mais il n’y pouvait rien. Il était fait ainsi et, puisqu’après toutes ces années c’était toujours le cas, il doutait fortement que ça change. Il s’égara un instant à se demander comment ce serait d’être comme elle semblait être, sans émotions. Ne plus jamais ressentir la peur, la souffrance, la tristesse qui lui broyaient les entrailles chaque jour… C’était tellement tentant et il pouvait sentir quelque chose en lui approuver fortement cette idée. Ce constat le fit revenir brutalement à lui et il se raisonna à toute vitesse, de peur que cela ne dégénère.

*Voyons, ça ne va pas la tête ? La vie serait peut-être plus facile, mais tellement plus glaciale. Et la dernière chose que je veux, c’est que cet adjectif s’applique à quoi que ce soit d’autre que mon pouvoir. De plus, cela impliquerait de renoncer à toute forme de joie également. Celui qui ne peut pas pleurer ne peut pas sourire non plus. Et même si les occasions de sourire sont bien rare, presque inexistante en fait, dans ce monde, devenir insensible à ce point serait perdre une bonne partie de ce qu’il me reste de mon humanité. Demeurer aussi humain que possible demeurera mon ambition première aussi longtemps que je resterai moi. Et puis, il me faudrait aussi abandonner l’espoir alors que c’est la seule chose qui me tient debout, même si elle est paradoxalement aussi celle qui me fait le plus mal. Donc, c’est hors de question !*

Il sentit distinctement une irritation qui ne lui appartenait pas vraiment lui effleurer l’esprit et eut un sourire las, mais vrai. Alors la Chose, il refusait fermement de le considérer ne serait-ce qu’un peu comme une personne, avait bien quelque chose à voir là-dedans. S’il l’avait empêché d’augmenter son emprise sur lui, et bien parfait, il ne demandait pas mieux. Tout ce qui pouvait causer du tort à lui… elle… Ça était le bienvenu. Même s’il détestait cette chose de tout son être, même s’il craignait plus que tout de la voir l’effacer, il devait admettre que, bien malgré sa volonté, Ça était la cause d’à peu près tous ses rares sourires. Enfin, contrecarrer les manigances mentales de Ça pour être plus précis. C’était les seules victoires desquelles il se réjouissait. Toutes les autres, qui impliquaient forcément de verser le sang, lui laissaient un goût bien trop amer dans la bouche… Goût qui n’était que renforcé par l’espèce de joie malsaine qu’il sentait fleurir au fond de lui dans ces moment, sans pouvoir l’écraser totalement, et qui le faisait se sentir dégouté, malade même, dès qu’il en venait à bout. Alors, malgré les inquiétudes que cela lui amenait à la pensée qu’il puisse un jour échouer à le vaincre, en attendant ça lui plaisait bien de l’enrager. Et si ça ne lui convient pas, il n’a qu’à se blâmer lui-même d’être entré en lui. C’est de SA faut tout ça, après tout.

La question que lui pausa la jeune fille l’arracha brutalement à ses divagations mentales… Tout en le laissant sans réponse. Honnêtement, il était perdu et il cherchait à regagner son abri du moment. Mais cette réponse était loin d’être prudente et, même si le fait qu’elle n’ait pas (encore) tenté de le tuer lui donnait une bonne dose d’optimisme qu’il n’avait pas ressenti depuis longtemps, il ne lui faisait pas confiance. Du moins, pas encore. Pour être franc, il ne demandait que ça, mais il n’avait pas totalement perdu de vue où et avec qui il était. S’il se fiait à son expérience, les probabilités qu’elles soient vraiment quelqu’un à qui il pouvait se fier étaient presque nulles. C’est pourquoi, après de bien longue secondes, il se décida pour une phrase extrêmement brève, mais qui donnait quand même l’impression de répondre à la question.


J’étais en train de rentrer, voilà tout… Et vous ?

Il réalisa avec une certaine fierté, parfaitement ridicule, il en était conscient, qu’il n’avait ni hésité, ni bafouillé. Cela tenait pour ainsi dire du miracle. Peut-être parce que ÇA semblait être parti bouder dans son coin. L’image lui arracha de nouveau un faible sourire. Qui que soit cette fille, elle semblait lui rendre l’humeur bien meilleure que d’habitude… Quoique le simple fait de pouvoir adresser la parole à quelqu’un le changeait bien assez de son quotidien pour illuminer sa journée. Bien qu’il n’y ait aucun soleil dans le ciel, il lui semblait que la ville semblait un peu moins sombre, en dépit du fait qu’il se trouvait dans une ruelle assez sordide. Sans le doute persistant qui le faisait douter de la bonne foi de cette jeune fille, bon d’accord de son absence d’intentions maléfiques ou meurtrières à son égard, ce moment aurait été parfait.
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MessageSujet: Re: Ô monde, quand tu nous tiens.   Ô monde, quand tu nous tiens. Icon_minitimeMer 14 Sep - 8:43

Elle attendit, patiente. Contrairement à Ikari qui aurait déjà commencée à taper du pied. Iliya n'espérait plus rien de personne. S'il ne l'attaquait pas pour la torturer physiquement, c'était pour la torturer mentalement. Alors s'ils se montraient gentil comme l'avait été Michael, son père ou même Sebastian, c'était parce que, lorsqu'ils allaient disparaître, elle souffrirait...

La vague de compassion qu'Iliya ressentit lui donna presque la nausée, mais ne fit qu'une légère grimace, bien courte.

Élevée dès sa naissance pour ne devenir qu'un monstre, ni plus, ni moins. Sa cause était-elle réellement sans espoir? Elle porta néanmoins attention aux émotions du jeune homme lorsqu'il croisa son regard et selon ce qu'elle put lire, elle comprit qu'il avait un petit conflit intérieur... Sans trop savoir pourquoi, elle eut une réflexion qu'elle dit à voix haute sans même le réaliser.

On apprend la valeur des choses qu'une fois les avoir perdues...

Elle avait baissée les yeux en parlant et les détourna vers l'entrée de la ruelle. Les émotions étaient une chose tellement précieuse... Mais à quoi bon se battre à en ressentir alors que les monstres n'en ont pas. La torture qu'elle prenait le soin de s'infliger était de ressentir les émotions des autres sans qu'elles ne lui appartiennent. Elle ne remarqua pas si l'homme face à elle avait entendu ou pas ses mots, mais elle s'en foutait. Bien qu'elle ait parlée bas.

Lorsqu'il répondit, elle retourna son regard vers lui. C'était bref, clair. Mais elle était très douée pour ne dire un seul mot mais que ce mot ait toute la portée et toute la signification qu'il devait prendre.

J'attends

Qu'attendait-elle? La souffrance, la torture... Que le temps passe. Qu'Evra daigne se montrer à elle... Que Michael revienne lui rire cruellement en pleine figure. Il lui semblait qu'elle souffrait plus à être seul et à broyer de sombre pensée... Si seulement elle pouvait se faire torturer par le jeune homme devant elle... Mais à lire ses émotions, il ne semblait pas être ce type d'êtres. Mais, il .était clairement mutant. Car il y avait comme un échos à chaque émotions positive du jeune homme, mais cet échos était négatif...

Allait-elle tenter de réveiller cet être? Non.

Elle avait la vague impression qu'il espérait quelque chose d'elle et alors que son regard dérivait vers le mur, alors qu'elle sentait le silence jouer de ses nerfs et de l'approcher de la crise, elle voulait lui poser une question. Car le meilleur moyen de faire en sorte qu'Iliya ressente une émotion était de lui faire faire une crise. À ce moment ce pouvait être la tristesse, la nostalgie, la colère ou la peur. Ou même un mélange de tout cela. L:e plus beau là-dedans, c'était qu'elle était rarement une menace pour son entourage...

Il y avait un silence pesant depuis sa réponse et elle décida enfin de poser sa question, n'en pouvant plus.

Qu'attends-tu de moi?

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MessageSujet: Re: Ô monde, quand tu nous tiens.   Ô monde, quand tu nous tiens. Icon_minitime

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